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LIBERTE HEBDO N° 1509. EDITO DE PHILIPPE

                
Pour les libéraux qui nous gouvernent et les faiseurs d'opinion qui les accompagnent et les soutiennent, le 1er décembre est une date bénie .
D'abord, ce premier jour de décembre signe, comme une claque aux privés d'emploi, l'entrée en vigueur du dernier volet de la réforme du chômage.
Désormais, un demandeur d'emploi doit avoir travaillé au moins six mois sur les vingt-quatre derniers mois pour être en « droit » de toucher une indemnisation chômage.
Cest vrai qu'il s'agisse d'une ouverture de droit ou d'un rechargement de ces droits. Bigre, l'hiver sera terriblement rude pour nombre d'entre eux.
Gare à celles et ceux dont le contrat de travail a pris fin à compter du 1er décembre... Elles et ils vont détester Florence, cette sainte qui n'y est pourtant pour rien.
Quant à celles et ceux qui ont gagnent plus de 4500 euros brut par mois, leurs indemnités seront réduites dès le neuvième mois de chômage. Évidemment, on pourra toujours dire que 4500 euros, ce n’est pas trop mal, surtout par rapport à un smicard.
Oui, sauf qu’il ne faut pas prendre les droits au chômage pour le droit au travail. Il est temps de cesser avec cette ignominie consistant à clamer que les chômeurs ont choisi leur état et n'ont pas envie de travailler. Cela, c'est un argument de riche.

Quant au smicard, parlons-en. Le smic est plus élevé que celui qui touche un minima social de type RSA. Est-ce une raison pour s'en contenter et dire " merci patron " ? Certainement pas.
Le Smic doit être non seulement revalorisé, en fonction de l'inflation, mais aussi augmenté.
Le candidat Fabien Roussel ne manque pas une occasion de le dire et de le répéter : les moyens existent. Sauf que les trop chers libéraux qui nous gouvernent commencent par nier être "libéraux " et poursuivent en refusant d'augmenter le salaire minimum.
Notre oonfrère - très libéral- "L'Opinion" vient du reste d'argumenter sur la question. Pour lui, les promesses de campagne en faveur d'une hausse rapide et conséquente du Smic ne deviendront audibles que lorsque le plein emploi aura été atteint. Ah bon ?
Pour ce journal, ce n'est pas la faiblesse des rémunérations qui explique le manque d'attractivité de certains secteurs, c'est plutôt le manque de perspectives dévolution de carrière et / ou les conditions de travail.
Tiens donc. Mais alors, pourquoi la réforme du chômage, qui s'en prend aux plus précaires, aux contrats courts, veut- elle forcer ces derniers à accepter n'importe quel emploi?
Dont ceux, notamment, qui offrent peu de perspectives d'avenir et dont les conditions de travail ne sont pas particulièrement faciles ?
N'est-il pas évident et la crise sanitaire l'a démontré s'il en était besoin, que les emplois les plus pénibles, et passant pour très modernes, ont explosé.


Nous voulons parler des livraisons uber, des transporteurs a vélo. etc. bref de toutes ces personnes que l'on enferme, pour un temps au moins, dans un boulot très précaire et très souvent dangereux pour leur santé, pour leur existence. Quant à dire si ces prolétaires sont concernés par une hausse hypothétique du smic, encore faudrait-il qu'ils ne touchent pas une rémunération inférieure. Or on sait que le principe de l'ubérisation s'accorde mal du salaire avec ses cotisations sociales.

Laissons encore s'exprimer le quotidien LOpinion : « (...) La priorité est plutôt de lutter contre le décrochage scolaire, d'orienter les jeunes vers les diplômes assurant des débouchés, de rendre leur utilité aux milliards de la formation professionnelle, de faciliter la mobilité géographique des demandeurs d’emploi, de s'assurer que les prestations sociales ne dissuadent pas de prendre un travail de simplifier l'embauche...
Nous y voilà. Il faut selon La théorie libérale, lutter contre la fainéantise dès la base, c est-à-dire dès l'enfance. Qu'ils bossent, les gamins, qu'ils s'accrochent quoi qu'il arrive, ces graines de chômeurs ! Et puis, qu'ils optent pour des débouchés qui les rendront utiles, bref, qu'ils ne coûtent pas trop cher à 1a Nation ! Pourquoi ne pas écrire carrément qu’il faut fabriquer une élite et que les autres n'ont qu'à bien se tenir là où on leur consentira un revenu à la hauteur de leur travail de misère ?
Quant aux cotisations sociales, le fameux salaire « chargé » (que nous préférons appeler ici le salaire net et le salaire différé), nous avons bien compris que le libéralisme le vomit.


Notre opinion à nous est qu'il ne faut pas abandonner l'idée d'une augmentation automatique du smic et d'une progression forte et rapide.
C'est d abord affaire de justice sociale. Mais pas seulement. Comment demander à une personne qui gagne à peine de quoi se nourrir , qui doit compter sou par sou une fois le loyer, les charges locatives et la facture énergétique payés, de participer à l économie et à sa croissance ?
Le travail est un droit et il mérite une rémunération juste pour une vie digne.
Ce n'est décidément pas ce que pensent les décideurs qui préfèrent réduire les impôts d'entreprises pour favoriser les revenus financiers.
Ce n'est pas ce que pensent ceux qui refusent de rétablir un impôt véritable sur les grandes fortunes


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