Rechercher dans ce blog

Description

Ma photo
Arras, Pas de Calais, France
Ce pour quoi nous nous battons: Une France plus juste et solidaire, ouverte sur le monde, pour l'émancipation de toutes et tous plutôt que l'enrichissement de quelques uns. Nous sommes la majorité invisible, les 99% qui avons plus à gagner de la justice sociale que de l'évasion fiscale. Changeons les choses, engagez-vous à nos côtés.

7 déc. 2021

À l'air libre: Fabien Roussel face à Mediapart

Le candidat PCF à l'élection présidentielle, Fabien Roussel, était l’invité de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS.

 

Eric Zemmour nomme le général Bertrand de La Chesnais directeur de campagne


Les vieilles méthodes fasciste des années sombres reviennent au galop, quand le patronat, les collabos et la bourgeoisie inondaient  les oreilles du peuple par cette expression
« mieux vaut Hitler que le Front popula
ire ». 


Le général Bertrand de La Chesnais est nommé directeur de campagne d'Eric Zemmour. 

Le militaire rejoint une équipe qui compte des personnalités du monde des affaires ou de la haute fonction publique. Selon Europe 1, le général Bertrand de La Chesnais a été nommé directeur de la campagne d'Eric Zemmour le 6 décembre, après s'être entretenu avec l'ancien journaliste. 
Le général quatre étoiles conseillait déjà Eric Zemmour sur les questions de défense.  

En 2014, Bertrand de La Chesnais a été nommé major général de l'Armée de terre, le second poste le plus gradé après celui de chef d'Etat-major, avant de quitter ses fonctions en 2017. 

En 2020, l'ancien militaire se lance en politique en se présentant à la mairie de Carpentras (Vaucluse). Sans étiquette, il obtient le soutien du Parti chrétien-démocrate et du Rassemblement national, mais est battu au second tour par le maire sortant avec 39,17% des voix. 

En devenant directeur de campagne d'Eric Zemmour, ce proche du général Pierre de Villiers, l'ancien chef d'Etat-major des armées françaises, prend la tête d'une équipe qui comporte en son sein plusieurs personnalités issues du milieu des affaires ou de la haute fonction publique. 

Dans l'équipe du candidat figure notamment Sarah Knafo, magistrate de la Cour des comptes de 28 ans.

La partie opérationnelle de la campagne est assurée par le communiquant Olivier Ubéda, qui officie en tant que directeur des événements et responsable des relations presse de la campagne. 
 
Quant à Jonathan Nadler, banquier d'affaires chez JP Morgan, il coordonne depuis mars dernier le pôle programmatique de la campagne d'Eric Zemmour. Selon France Info, avec l'aide de 300 contributeurs, ce diplômé de Sciences Po Paris a pour mission de produire des propositions pour le candidat. 

Le pôle programmatique est lui-même sous-divisé en 28 pôles thématiques qui sont chargés de vérifier la faisabilité technique des propositions et de proposer des mesures concrètes. 
La partie finance de la campagne est assuré par Julien Madar. Cité par France Info, ce chef d'entreprise, passé par la banque d'affaires Rothschild, explique que son rôle est «de convaincre des personnes physiques de donner de l'argent à titre privé et d'assurer les levées de fonds de la campagne».



5 déc. 2021

OUTRE-MER. Cette colère qui bouscule la Macronie.


Pour toute négociation de la part de Macron et Darmanin, c'est l'envoi des troupes et du GIGN en Guadeloupe et en Martinique. Macron et son exécutif veulent-ils renouveler le drame de mai 1988 à Nouméa en Nouvelle-Calédonie, sous Chirac et Pasqua ?








Face au climat d’insurrection qui monte en Guadeloupe et en Martinique, le pouvoir a voulu se montrer magnanime et s'est dit « prêt » à parler « changement de statut ». Une réponse qui tombe à côté. Plus social qu'institutionnel, le mouvement continue, de plus belle. Un boulet pour le candidat Macron ?

Avec la crise sanitaire, les Antilles connaissent un nouvel embrasement social. Presque treize ans après un mouvement de grève massif contre la « profitation » mot créole qui dénonce un système , issu de l'histoire coloniale ( 38 jours en Martinique , 44 jours en Guadeloupe ) en 2009, des appels à la grève générale ont été lacés par les organisation syndicales sur les deux Îles.


Si le passe sanitaire et les suspensions de pompiers et de personnel soignant ont mis le feu aux poudres au mois de septembre, la situation sociale en Guadeloupe comme en Martinique constitue la poudrière. De fait, ce mouvement éloigné de la Métropole d'un point de vue géographique s'invite politiquement dans la campagne de la présidentielle.

Pauvreté, inégalités, jeunesse poussée à bout.

« Les gouvernements successifs n'ont pas retenu les leçons de la grève de février 2009 », analyse ainsi Louis Broutin, avocat et président de la Martinique – Écologie. « C'est tout ce que nous avons dénoncé en 2009 qui rejaillit en ce moment », considère Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la Confédération générale du travail de Guadeloupe » ( CGTG ). Entre trois et quatre Martiniquais sur dix vivent sous le seuil de pauvreté », souligne le dirigeant communiste et conseiller municipal de Fort-de-France, Michel Branchi.

Parti d'une contestation de passe sanitaire, le mouvement a tourné à la grève générale d'abord en Guadeloupe. Le 22 novembre, il s'est propagé à la Martinique, « avec les autres syndicats, nous avons ajouté toutes les revendications sociales, sur la précarité, la misère, les bas salaires, le respect des conventions collectives », explique Jean-Marie Nomertin.

« En Guadeloupe, les patrons sont champions de la triche aux cotisations sociales », dénonce le syndicaliste. En Martinique, ce sont aussi les revendications sociales qui ont été mises en avant par les. syndicats. Sur le terrain, la grève générale n'a pas encore mobilisé la majorité de la population, malgré le succès de la manifestation organisée par le LKP (Collectif contre l'exploitation outrancière ), le 27 novembre.

La jeunesse a érigé des barrages routiers d'abord en Guadeloupe, pratique qui s'est étendue à la Martinique, avec des heurts et parfois même des coups de feu face aux force de police. ( si les violences et les pillages doivent être condamnés, il est d’abord urgent de remettre de l'ordre social et de faire l'égalité républicaine, non plus une promesse, mais également une réalité pour le Antillais et les Guyanais.)

Le gouvernement, lui, a d'abord refusé de négocier et considéré les grévistes comme une minorité de réfractaires à la vaccination… Il a répondu en envoyant des renforts de police et de gendarmerie, et par l'instauration d'un couvre feu. Puis, face à la persistance des tensions, il a commencer à lâcher du lest, au moins dans le discours . Le ministre des Outre-Mer, Sébastien Lecornu, s'est enfin rendu sur place le 28 novembre, et l'obligation vaccinale des personnels soignants a été décalé à la fin de décembre.

Le système de santé y est sous très forte tension, ce qui ne date pas de la crise Covid : le Centre hospitalier de Guadeloupe, par exemple, connaît une situation de crise depuis des années. ( 33 lits de réanimation adultes et enfants au total au CHR et dans le privé pour 389 000 habitants, et 29 lits réa pour adultes et enfants en Martinique pour une population de 359 000 habitants )

Le candidat communiste à l'élection présidentielle, Fabien Roussel, qui était en visite sur place le 25 novembre, a pu s'en rendre compte : « Le service de diabétologie du Centre hospitalier de Guadeloupe a été fermé bien avant l'obligation vaccinale, faute de moyen, alors que c'est le deuxième département le plus impacté par le diabète », témoigne-t-il.

Chlordécone et coupures d'eau.

Le scandale du Chlordécone, insecticide responsable de nombreux cancers de la prostate, continue à empoisonner les relations avec la Métropole. Pour l'instant, seuls les ouvriers agricoles peuvent bénéficier d'examens de dépistage gratuits , alors que toute la population y a été exposée. Un dossier qui alimente la défiance à l'égard du vaccin et expliquerait que seulement 35 % de la population soient immunisées ?

Michel Branchi estime que « c'est même plus grave que ça ». Il s'agit selon lui, d'un effet conjugué « des réseaux sociaux et des ''fake news'' alimentés dans les thèses complotistes de l'extrême droite française. »

Il précise également que l'hôpital de Fort-de-France, des médecins et des soignants sont attaqués, menacés, insultés alors que les jeunes internes demandent à rentrer en France. »

En outre, le habitants de Martinique et de Guadeloupe sont confrontés à des problèmes de coupures d'eau potable en pleine pandémie. « Les multinationales de l'eau se remplissent les poches sur le dos des Martiniquais ! S'insurge l 'avocat Louis Broutin, mais elles ne réalisent pas les investissements nécessaires à la modernisation des usines d'eau potable. Portant, la Martinique à l'eau potable la plus chère de France et d'Outre-Mer. »

Le 27 novembre, Sébastien Lecornu a fait une nouvelle tentative de désamorçage du conflit. Il s'est dit ouvert à la discussion sur « l'autonomie » de la Guadeloupe. Un geste en direction des indépendantistes, partie prenante du conflit social en cours.

A cinq mois de la présidentielle, il semble que l'exécutif nourrisse quelques inquiétudes. Une explosion sociale aussi longue et aussi massive qu'en 2009, compliquerait la tâche du candidat Macron, d'autant plus qu'il n'est pas interdit qu'elle fasse tache d'huile : parti de Guadeloupe, le mouvement s'est étendu à la Martinique. Et la Guyane connaît des problématiques parallèles, tel l'empoisonnement des rivières lié à l'orpaillage, avec, là-bas aussi , une crise sociale très forte.

« Impulser un mouvement en métropole »

Quant au secrétaire général de la CGTG, Jean-Marie Nomertin, il n'y va pas par quatre chemins : « Nous souhaiterions que les camarades de la CGT puissent impulser un mouvement en Métropole »,laquelle connaît selon lui, une problématique qui commence à la rapprocher de la Guadeloupe.

En ne bougeant que sur la vaccination des soignants et « l'autonomie », le gouvernement néglige donc la grosse poudrière, c'est à dire la question sociale.

Le secrétaire général du PCF accorde également de l’importance à la davantage respectés, explique-t-il. Il faudra créer les conditions pour qu'il y ait des institutions nouvelles, afin que les choix soient mis en œuvre en tenant comptes des réalités des populations des deux Îles.

« Il appelle de ses vœux un « plan d'urgence pour les Antilles » et exhorte le gouvernement à rouvrir le dialogue au plus vite.




LIBERTE HEBDO N° 1509. EDITO DE PHILIPPE

                
Pour les libéraux qui nous gouvernent et les faiseurs d'opinion qui les accompagnent et les soutiennent, le 1er décembre est une date bénie .
D'abord, ce premier jour de décembre signe, comme une claque aux privés d'emploi, l'entrée en vigueur du dernier volet de la réforme du chômage.
Désormais, un demandeur d'emploi doit avoir travaillé au moins six mois sur les vingt-quatre derniers mois pour être en « droit » de toucher une indemnisation chômage.
Cest vrai qu'il s'agisse d'une ouverture de droit ou d'un rechargement de ces droits. Bigre, l'hiver sera terriblement rude pour nombre d'entre eux.
Gare à celles et ceux dont le contrat de travail a pris fin à compter du 1er décembre... Elles et ils vont détester Florence, cette sainte qui n'y est pourtant pour rien.
Quant à celles et ceux qui ont gagnent plus de 4500 euros brut par mois, leurs indemnités seront réduites dès le neuvième mois de chômage. Évidemment, on pourra toujours dire que 4500 euros, ce n’est pas trop mal, surtout par rapport à un smicard.
Oui, sauf qu’il ne faut pas prendre les droits au chômage pour le droit au travail. Il est temps de cesser avec cette ignominie consistant à clamer que les chômeurs ont choisi leur état et n'ont pas envie de travailler. Cela, c'est un argument de riche.

Quant au smicard, parlons-en. Le smic est plus élevé que celui qui touche un minima social de type RSA. Est-ce une raison pour s'en contenter et dire " merci patron " ? Certainement pas.
Le Smic doit être non seulement revalorisé, en fonction de l'inflation, mais aussi augmenté.
Le candidat Fabien Roussel ne manque pas une occasion de le dire et de le répéter : les moyens existent. Sauf que les trop chers libéraux qui nous gouvernent commencent par nier être "libéraux " et poursuivent en refusant d'augmenter le salaire minimum.
Notre oonfrère - très libéral- "L'Opinion" vient du reste d'argumenter sur la question. Pour lui, les promesses de campagne en faveur d'une hausse rapide et conséquente du Smic ne deviendront audibles que lorsque le plein emploi aura été atteint. Ah bon ?
Pour ce journal, ce n'est pas la faiblesse des rémunérations qui explique le manque d'attractivité de certains secteurs, c'est plutôt le manque de perspectives dévolution de carrière et / ou les conditions de travail.
Tiens donc. Mais alors, pourquoi la réforme du chômage, qui s'en prend aux plus précaires, aux contrats courts, veut- elle forcer ces derniers à accepter n'importe quel emploi?
Dont ceux, notamment, qui offrent peu de perspectives d'avenir et dont les conditions de travail ne sont pas particulièrement faciles ?
N'est-il pas évident et la crise sanitaire l'a démontré s'il en était besoin, que les emplois les plus pénibles, et passant pour très modernes, ont explosé.


Nous voulons parler des livraisons uber, des transporteurs a vélo. etc. bref de toutes ces personnes que l'on enferme, pour un temps au moins, dans un boulot très précaire et très souvent dangereux pour leur santé, pour leur existence. Quant à dire si ces prolétaires sont concernés par une hausse hypothétique du smic, encore faudrait-il qu'ils ne touchent pas une rémunération inférieure. Or on sait que le principe de l'ubérisation s'accorde mal du salaire avec ses cotisations sociales.

Laissons encore s'exprimer le quotidien LOpinion : « (...) La priorité est plutôt de lutter contre le décrochage scolaire, d'orienter les jeunes vers les diplômes assurant des débouchés, de rendre leur utilité aux milliards de la formation professionnelle, de faciliter la mobilité géographique des demandeurs d’emploi, de s'assurer que les prestations sociales ne dissuadent pas de prendre un travail de simplifier l'embauche...
Nous y voilà. Il faut selon La théorie libérale, lutter contre la fainéantise dès la base, c est-à-dire dès l'enfance. Qu'ils bossent, les gamins, qu'ils s'accrochent quoi qu'il arrive, ces graines de chômeurs ! Et puis, qu'ils optent pour des débouchés qui les rendront utiles, bref, qu'ils ne coûtent pas trop cher à 1a Nation ! Pourquoi ne pas écrire carrément qu’il faut fabriquer une élite et que les autres n'ont qu'à bien se tenir là où on leur consentira un revenu à la hauteur de leur travail de misère ?
Quant aux cotisations sociales, le fameux salaire « chargé » (que nous préférons appeler ici le salaire net et le salaire différé), nous avons bien compris que le libéralisme le vomit.


Notre opinion à nous est qu'il ne faut pas abandonner l'idée d'une augmentation automatique du smic et d'une progression forte et rapide.
C'est d abord affaire de justice sociale. Mais pas seulement. Comment demander à une personne qui gagne à peine de quoi se nourrir , qui doit compter sou par sou une fois le loyer, les charges locatives et la facture énergétique payés, de participer à l économie et à sa croissance ?
Le travail est un droit et il mérite une rémunération juste pour une vie digne.
Ce n'est décidément pas ce que pensent les décideurs qui préfèrent réduire les impôts d'entreprises pour favoriser les revenus financiers.
Ce n'est pas ce que pensent ceux qui refusent de rétablir un impôt véritable sur les grandes fortunes


Mobilisation nationale du personnel soignant à Paris, ce 4 décembre 2021 : les leçons à en tirer, par Jean LEVY


On comprend la colère, et même le désespoir, du personnel soignant : cela fait des années et des années - donc tout au long de la présidence Macron - que l'hôpital est dépecé systématiquement par le pouvoir en place. Hôpitaux de proximité fermés, des milliers de lits supprimés ( Et ça continue pendant les vagues successives de la pandémie...), du personnel réduit à la portion congrue, mal payé, privés de considération.



Et tout cela au nom de la rentabilité : il faut, pour le pouvoir en place, que les établissements de soin rapportent de l'argent. C'est pourquoi les gouvernements successifs ont voulu gérer les hôpitaux comme non plus comme des lieux de soin au service de la population, mais comme des sources de profit privées.

Le personnel soignant en colère froide manifeste aujourd'hui nationalement à Paris et souhaite rencontrer Olivier Véran, le ministre de la Santé.

Faut-il qu'il sache qu'Emmanuel Macron l'a choisi à ce poste justement parce qu'il est un "spécialiste" de la rigueur budgétaire dans le domaine des hôpitaux : en effet, il avait été recruté par François Hollande, Président, et sa ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, justement pour rendre "rentables" les établissements de soin.

Un spécialiste, en quelque sorte, recruté comme ministre de la Santé par Emmanuel Macron.

Le personnel soignant qui, par ses nombreuses mobilisations au cours des années passées, avait tenté d'alerter l'opinion sur l'état lamentable de l'hôpital public, doit rester vigilant et savoir que ce qu'il combat aujourd'hui n'est pas le fruit d'erreurs de gestion des pouvoirs en place, donc de celui d'Emmanuel Macron, mais d'une politique délibérée menée par lui, comme celle qui consiste à faire payer les chômeurs le coût des retraites pour préserver le taux de profit des milliardaires de l'économie et leurs dividendes monstrueux.

Cette politique de classe est assumée par l'ancien associé gérant de la Banque Rothschild, au nom et au profit des milliardaires qui ont mis la France en coupe réglée.

Le personnel soignant, qui n'en peut plus, doit savoir que le combat qu'il mène contre le monstre , s'attaque à une de ses tentacules, celle qui s'attaque à la Santé. Et en tirer politiquement les conséquences;

Jean LEVY


Fabien Roussel - RFI - 02/12/21

 

4 déc. 2021

DIRECT Fabien Roussel est l'invité de France Info TV

 

Rapport RTE : une programmation du futur électrique français, Serge Vidal*

 L’électricité décarbonée est appelée à jouer un rôle majeur pour atteindre les objectifs climatiques que s’est fixés la France d’ici à 2050. Dans son récent rapport « Futurs énergétiques 2050 », RTE (Réseau de transport d’électricité) explore différentes hypothèses de mix électrique, aux fortes conséquences économiques et sociales.

*SERGE VIDAL est syndicaliste CGT, ancien ingénieur-chercheur EDF.


DES PERSPECTIVES ANNUELLES AUX PRÉVISIONS SUR TRENTE ANS

RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France, a une mission légale de prospective relative aux moyens de production et de distribution électriques. Chaque année, RTE publie un bilan prévisionnel afin de vérifier que l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité sera assuré pour les années qui suivent. Il dispose pour ce faire des informations et des compétences. Sur ces bases, RTE a, à plusieurs reprises ces dernières années, alerté sur les tensions relatives au passage des hivers (risque de black-out long). Des craintes similaires existent aussi au niveau européen.

Cette fois, l’exercice demandé à RTE par le ministre de tutelle en 2019, et dont une version a été publiée le 25 octobre 2021, porte sur les trente à quarante prochaines années, ce qui est assez différent des exercices annuels et fait appel à de nombreuses hypothèses.

La sécurité d’approvisionnement électrique nécessite un équilibrage production/consommation quasi instantané, mais aussi une programmation de moyen et long terme afin d’être sûrs de disposer des installations de production suffisantes le moment venu. On voit en ce moment, sur le court terme, avec la forte augmentation des prix, que cette spécificité est particulièrement incompatible avec la libéralisation des marchés et peut entraîner toutes sortes de spéculations : la multiplication des opérateurs privés induit des captations financières à différents niveaux. De façon parallèle, la programmation sur le long terme est indispensable et demande une vision et des principes (sécurité d’approvisionnement, maîtrise des coûts, égalité de traitement, indépendance nationale…) que seule la puissance publique peut garantir.

L’ensemble des hypothèses technologiques, économiques, sociales, géopolitiques, environnementales…, leur mise en cohérence et les objectifs visés constituent des scénarios énergétiques qui permettent de fournir des prévisions en matière d’investissements. L’évolution du contexte et les décisions prises modifient ensuite les données du problème et ces scénarios, indispensables à la prise de décision, doivent être réajustés.

La crédibilité d’un scénario dépend de la transparence de toutes les étapes du calcul. D’autres organismes – des associations, des universités… –, produisent de tels scénarios, qui diffèrent surtout par leurs hypothèses et leurs objectifs, parfois par leur méthodologie et leur transparence. Hors du monde universitaire, les moteurs de cohérence de ces études sont rarement en accès public.

Le gouvernement retient un scénario de référence pour établir la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), votée tous les cinq ans au Parlement. Ce scénario prospectif est aujourd’hui dit d’AMS (« avec mesures supplémentaires »).
DES HYPOTHÈSES CONTRAIGNANTES

RTE a donc publié en octobre 2021 une mise à jour de ses scénarios et en a évalué leur coût de revient. Le cadrage considéré par RTE est celui de la stratégie nationale bas carbone (SNBC, réévaluée tous les cinq ans=, qui s’inscrit dans le cadre de la loi relative à la transition écologique pour la croissance verte (TECV) de 2015. Loi qui a, entre autres, pour objectif une diminution de 50 % de la consommation énergétique française finale entre 2012 et 2050 (avec – 30 % en 2030) et de réduire à 50 % la part de l’électronucléaire d’ici à 2035 et la limiter globalement à 63,2 GW en puissance. La loi prévoit aussi d’atteindre la neutralité carbone en 2050, d’assurer la sécurité d’approvisionnement et la cohésion sociale, la maîtrise des dépenses des consommateurs et le droit d’accès à l’énergie sans coût excessif, bref une gageure.

Pour prendre moins de risques de non-atteinte de tous ces objectifs, il faudrait desserrer certaines contraintes de cette loi. Déjà, à la suite d’une précédente étude de RTE, l’objectif initial de 50 % de nucléaire dans notre mix électrique a été reculé par le Parlement de 2025 à 2035. La présente étude montre que la date de 2035 n’est pas non plus tenable.

SIX SCÉNARIOS ÉTUDIÉS

Trois scénarios retenus portent exclusivement sur des investissements dans les énergies renouvelables (scénarios M) et trois scénarios sur une combinaison entre énergies renouvelables et nucléaire (scénarios N). Ces six scénarios sont accompagnés de six variantes se rapportant à la consommation ou au mix électrique ainsi que d’une quinzaine d’études de sensibilité relatives aux coûts. À partir de différents jeux d’hypothèses, les scénarios sont multipliables indépendamment de leur désirabilité.

La première observation de RTE, dans le cadre défini, est que l’objectif de neutralité carbone implique une transformation profonde de l’économie et des modes de vie, et une forte augmentation de la part de l’électricité décarbonée dans la consommation énergétique totale. Les énergies fossiles, dont il faut sortir, représentent actuellement environ 60 % de la consommation actuelle, et elles sont importées.

Côté consommation, la SNBC table sur de l’efficacité énergétique (assurer le même service avec moins d’énergie), des transferts d’usages (changer d’énergie pour un même service) et de la sobriété énergétique (se passer de certains biens et services).


L’étude RTE met en évidence le fait que les scénarios avec maintien de nucléaire sont complémentaires du développement des énergies renouvelables et que les scénarios de substitution ne permettent pas l’accélération de la baisse des gaz à effet de serre demandée par le pacte vert européen. Pour cela, il faudra, a minima, étaler la trajectoire de fermeture des réacteurs nucléaires actuels.

RTE montre aussi qu’une « sortie rapide du nucléaire » (comme le préconise notamment le scénario Négawatt) « conduit soit à accepter des pénuries, soit à renoncer au respect de la trajectoire climatique de la France ». RTE montre également qu’ « un moratoire sur les énergies renouvelables conduirait à placer la France dans une position critique par rapport à ses ambitions de réindustrialisation et à ses trajectoires climatiques ».

L’étude RTE démontre que les besoins de flexibilité (non-fourniture à certains moments, recours à des batteries) et les limitations d’usages augmentent fortement avec la part des énergies renouvelables intermittentes (solaire et éolien).

Même si RTE a essayé de prendre des hypothèses similaires en termes de coût et de faisabilité des différents scénarios, le pari sur les capacités de stockage massif de l’électricité est très important pour les scénarios M.

La SNBC actuelle ne considère pas le captage/séquestration du CO2 comme suffisamment mature et mise sur une multiplication par 2,5 de l’usage énergétique de la biomasse.


La sobriété est le terme de bouclage pour les scénarios de réduction drastique des productions énergétiques pilotables. Cette notion recouvre la propension des individus à partager certains espaces et équipements, mais aussi d’autres modifications radicales de nos modes de vie ; entre autres, moins de déplacements, une moindre consommation des biens manufacturés, une baisse de 1 °C de la température des consignes de chauffage (actuellement 19 °C recommandés) ou de l’utilisation de l’eau chaude, de la frugalité numérique, la moitié du temps de travail en télétravail, etc.

Ces hypothèses peuvent heurter les aspirations du plus grand nombre et ne pas permettre la réduction des inégalités sociales ou de genre. Comme elles sont nécessaires à l’atteinte, sous contraintes, des objectifs énergétiques, elles risquent d’impliquer de la contrainte politique et sociale.

Il s’agit là de questions politiques de première importance qui ne doivent pas rester enfouies dans le fatras d’hypothèses structurantes de l’avenir énergétique du pays.


Compte tenu du cadrage politique initial, RTE n’a pas étudié de scénario avec le maintien de la part du nucléaire dans la production électrique, actuellement de l’ordre des 70 %. (Un tel scénario sortirait du cadre, mais c’est aussi le cas des scénarios 100 % énergies renouvelables étudiés.) Avec une demande électrique en augmentation, le maintien de ce pourcentage impliquerait une augmentation en valeur absolue.

Compte tenu des délais de construction de nouveaux réacteurs, de la durée d’exploitation estimée des réacteurs actuels (autour de soixante ans) et du manque d’anticipation passée, cette option nécessiterait un effort industriel énorme et de la coopération internationale. La dégradation du tissu industriel national, les politiques de contractualisation et de sous-traitance, le manque de formation et le Wall Street management ont affaibli durablement les capacités du pays pour cela. Sans très forte volonté politique, cela ne pourra pas se réaliser.


La demande électrique retenue pour 2050 est de 645 TWh, soit 35% de plus qu’aujourd’hui. Une variante avec réindustrialisation du pays a été étudiée qui fixe la demande à 752 TWh, sans toutefois tabler sur un retour au niveau industriel des années 1990. L’Académie des technologies a, quant à elle, avancé le chiffre de 840 TWh, ce qui correspond à peu près à l’estimation d’EDF, qui considère l’estimation de RTE comme une trajectoire a minima.

Au-delà de cette bataille de chiffres se pose la question des marges de sécurité en matière de continuité d’approvisionnement. Une sous-capacité en moyens de production serait plus contraignant qu’une surcapacité. Il faut des marges de sécurité lorsqu’il s’agit de satisfaction des besoins, d’autant plus si on veut avoir une politique de réduction des inégalités sociales et de résorption de la pauvreté.


RTE évalue les coûts complets de ses différents scénarios et fait apparaître que le scénario avec mise en service de quatorze EPR d’ici à 2050 ferait économiser en investissements supplémentaires environ 200 milliards d’euros sur quarante ans par rapport à un arrêt total du nucléaire en 2060 et que le coût des énergies renouvelables est moindre dans le cas où elles sont associées au nucléaire.

Toutefois, le risque d’insuffisance chronique dans la fourniture électrique de la France, et donc son renchérissement, ainsi que celui de non-atteinte de la neutralité carbone en 2050, apparaissent comme des éléments plus déterminants que les écarts calculés de coûts.

La documentation fournie par RTE aborde de nombreux points liés aux contraintes de réalisation de ses scénarios, notamment leur impact en matière et d’occupation de l’espace. RTE souligne aussi les nombreux champs de recherche qui doivent être renforcés pour faire face aux enjeux.

URGENCE À DÉCIDER

RTE conclut à juste titre sur l’urgence (2022-2023) qu’il y a à prendre des décisions qui sont d’une ampleur similaire à celles prises dans les années 1970, au moment du lancement du programme nucléaire.

Les délais de construction sont longs, et déjà pour le nucléaire du retard a été pris. La période actuelle, où les taux d’intérêt sont bas, est propice au lancement d’investissements nucléaires ou renouvelables nécessitant beaucoup de capitaux au début. Le coût de l’indécision se payera cher à terme. La cohésion sociale, le progrès social et la réduction des gaz à effet de serre sont en jeu.

Cathy Apourceau-Poly, Sénatrice du Pas-de-Calais: Mettons l’économie au service de l’humain

Perte de puissance économique de la France et ses conséquences sur la situation sociale et le pouvoir d’achat -


Depuis trente ans, les gouvernements libéraux diminuent les cotisations sociales et la fiscalité des entreprises et imposent des sacrifices aux salariés au nom de la compétitivité. Pour quel résultat ? Les entreprises délocalisent, les dividendes explosent et les salaires stagnent, alors qu’Emmanuel Macron annonce un nouveau durcissement des allocations chômage et continue ses cadeaux fiscaux aux plus riches.

Les parlementaires communistes proposent un contre-projet avec des emplois stables, des services publics de qualité, une industrie au service des besoins de la société. Il faut réorienter les richesses vers la satisfaction des besoins des personnes plutôt que du capital et confier de vrais pouvoirs de décision aux citoyens et au monde du travail.

Quelque 358 000 familles ont été exonérées d’impôt sur la fortune (ISF) alors que leurs 1 000 milliards d’euros de patrimoine représentent la moitié du PIB de la France...

Le Président de la République a exonéré les entreprises de cotisations sociales tout en aggravant la précarité. Le soi-disant coût du travail n’existe pas : le travail crée des richesses.

Mettons l’économie au service de l’humain. Entre 2008 et 2017, l’Union européenne a apporté 1 500 milliards d’euros au système financier sans effet sur le chômage...

Face aux défaitistes, nous proposons les jours heureux : augmentons les salaires, réduisons la durée hebdomadaire du travail à 32 heures, recrutons massivement dans la fonction publique...

M. Laurent Duplomb. - Mais bien sûr !

Mme Cathy Apourceau-Poly. - ... augmentons le SMIC de 200 euros nets par mois, revalorisons les pensions et les minima sociaux, faisons l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, rétablissons les cotisations sociales du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), modulons l’impôt sur les sociétés en fonction des politiques d’emploi et d’investissement des entreprises, taxons les 10 milliards de profits annuels des compagnies pétrolières, baissons les prix des carburants et réduisons de 30 % les taxes sur le gaz et l’électricité !

Il est encore temps d’inverser la tendance : investissement et humain plutôt qu’austérité et marché.