Rechercher dans ce blog

ENERGIE : NUCLÉAIRE FAITS ET CONTROVERSES


A lire absolument . Cliquez sur les images pour agrandir

EDITO

Rébellion en école d’ingénieurs, pour quoi faire ? Hélène Dupont


ZOOM SUR LA VOITURE ÉLECTRIQUE
La Voiture électrique : repères techniques, Pierre Nicolas

Enjeux sociaux et environnementaux de la transition énergétique dans l’automobile, Pierre Nicolas

Décarboner l’automobile : un objectif atteignable, Pierre Nicolas


DOSSIER NUCLÉAIRE : FAITS ET CONTROVERSES

ÉDITO CONTROVERSES AU SUJET DE L’ÉLECTRONUCLÉAIRE, Serge Vidal
Réussir la relance de la filière nucléaire, Serge Vidal
L’énergie nucléaire : un atout pour réduire les inégalités, Alain Tournebise
Nucléaire et climat, Sylvestre Huet
Indépendance énergétique de la France, Marie-Claire Cailletaud
Déchets radioactifs : comment préserver notre environnement et celui des générations futures ?, Bernard Felix

La gestion des déchets radioactifs en France : entre réalisme et techno-optimisme, Roberto Miguez

Les déchets nucléaires, talon d’Achille ou atout du nucléaire civil ?, Jean-Paul Bouttes

Sûreté nucléaire, les principes et l’avenir du modèle français, Louis Mazuy

Les conséquences d’un accident nucléaire, Serge Vidal

Avenir du nucléaire : quelles filières ?, Greg de Temmerman et Raphaël Dehont

Non-prolifération nucléaire : l’éthique de la coopération scientifique internationale, Gilles Cohen-Tannoudji

Nucléaire, on arrête ou on continue ?, Sylvestre Huet


L’IMAGE DU NUMÉRO


JEUX ÉCHECS

Dans les pas de l’école soviétique d’échecs, l’école soviétique victime d’une tentative de parricide, Taylan Coskun


SCIENCE ET TECHNOLOGIE, GÉNÉTIQUE

Génome humain : les 8 % qui changent tout, Interview de Jean Weissenbach, parue dans l’Humanité du 12 avril 2022 par Anna Musso.


ENVIRONNEMENT & SOCIÉTÉ

Marchés du gaz : sécurité d’approvisionnement et moindre coût, Éric Buttazzoni


LES SCIENCES ET LES TECHNIQUES AU FÉMININ

Carolyn Shoemaker (1929-2021), Claude Frasson




























































JDD: TRIBUNE. Fabien Roussel après l’affaire de Fournas : « Rebâtissons la digue républicaine »

Après la sortie jugée raciste du député Rassemblement national Grégoire de Fournas, jeudi, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, appelle à remettre à l’ordre du jour une proposition de résolution afin de créer une peine d’inéligibilité en cas de condamnation pour injures ou violences sexistes et racistes.

Fabien Roussel, député du Nord et secrétaire national du Parti communiste français. (Jacques Witt/Sipa)

Voici la tribune de Fabien Roussel , député du Nord et secrétaire national du Parti communiste, en réaction aux propos jugés racistes de l’élu Rassemblement national Grégoire de Fournas : « Jeudi dernier, le pire s’est produit dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale lors de la séance de questions au gouvernement. Carlos Martens Bilongo, député Insoumis du Val-d’Oise, a été victime d’un propos raciste émanant d’un député du Rassemblement national (RN). Grégoire de Fournas, puisqu’il faut bien nommer l’auteur de cette infamie, s’est autorisé à dire « qu’il retourne en Afrique » au moment où notre collègue posait une question au sujet du sort inhumain réservé aux migrants qui traversent la mer Méditerranée, bien souvent au péril de leur vie.

Les propos tenus par ce député, qu’ils aient été adressés à Carlos Martens Bilongo ou aux personnes venues d’Afrique, sont racistes et xénophobes

Depuis lors, Marine Le Pen tente tant bien que mal d’éteindre l’incendie, en évoquant une manipulation politique de ses adversaires. Mais au fond, peu nous importent les gesticulations ou autres explications vaseuses qui sont aujourd’hui fournies par l’État-major du RN : les propos tenus par ce député, qu’ils aient été adressés à Carlos Martens Bilongo ou aux personnes venues d’Afrique, sont racistes et xénophobes. Ils disqualifient définitivement son auteur auprès de tous ceux qui demeurent attachés aux valeurs républicaines. Le racisme n’a pas sa place dans notre société et certainement pas au sein de l’institution où le peuple français, dans toute sa diversité, est représenté par les élus qu’il s’est choisis.

C’est pour cette raison qu’à l’exception des parlementaires du RN, tous les députés de l’Assemblée nationale présents ce jour-là se sont regroupés dans un mouvement inédit afin de demander une suspension de séance et la prise de sanction immédiate contre Grégoire de Fournas. Cet élan spontané restera le seul rayon de soleil dans cette sombre journée pour notre démocratie.

La gravité de l’injure proférée par ce député est venue rappeler que le RN n’est pas un parti républicain

Hélas, cela faisait bien trop longtemps qu’un front ne s’était pas constitué pour faire face à l’extrême droite. Le verni de la respectabilité habillement étalé par le RN y est certainement pour beaucoup et tout porte à croire que celui-ci a désormais craqué sous les yeux de tous, y compris de ceux qui pensaient que cette formation politique était devenue un parti semblable à tous les autres. La gravité de l’injure proférée par ce député est venue rappeler que le RN n’est pas un parti républicain et qu’il demeure profondément attaché à une vision ethnique de la nation française, quand nous défendons pour notre part la nation comme une communauté de citoyens définie par des droits et des devoirs politiques.

Une communauté politique dans laquelle les élus doivent être les premiers à respecter ces devoirs civiques. C’est pourquoi, il y a un an, les députés communistes ont déposé une proposition de résolution visant à rappeler à tous nos compatriotes, à tous les élus et à toutes les formations politiques que la loi prévoit une sanction d’inéligibilité pour les personnes condamnées pour injures ou pour des violences à caractères sexistes et racistes. Car depuis la loi Gayssot, notre législation se fait l’honneur de considérer que le racisme et l’antisémitisme ne sont pas des opinions, mais des délits. Il ne s’agit pas ici de restreindre la liberté d’expression comme nous l’avons trop souvent entendu, mais bien de redire que personne ne peut se cacher derrière elle après avoir prononcé des propos racistes ou discriminatoires.

La majorité présidentielle de l’époque a malheureusement rejeté ce texte au motif que nous étions en période pré-électorale. Maintenant, il faut agir. La configuration politique n’est aujourd’hui plus la même et, sans doute, l’évènement survenu jeudi dernier a réveillé des consciences que l’on pensait définitivement endormies. 
C’est pour cela que nous entendons redéposer cette proposition de résolution afin qu’elle soit votée le plus largement possible. Plus personne ne doit subir la violence insupportable dont a été victime Carlos Martens Bilongo. En votant ce texte, nous pouvons rebâtir une digue républicaine. Il est urgent d’y parvenir. »

Assemblée Générale de l’ONU : anticapitalisme et anti impérialisme le discours historique de Xiomara Castro présidente du Honduras




Monsieur le Président de l’Assemblée générale,

Monsieur le Secrétaire général de cette organisation des Nations unies.

Mesdames et Messieurs les Chefs d’État,

Représentants et Délégués présents,

Citoyens du monde

Je me tiens devant cette tribune mondiale, dans ce qui représente pour mon pays un fait historique, non seulement parce que je suis la première femme à avoir l’honneur de diriger notre nation d’Amérique centrale, mais aussi parce que je représente le premier gouvernement démocratiquement élu, Après 13 ans de dictature : Le coup d’État de 2009 chargé de meurtres cruels et d’escadrons de la mort, deux fraudes électorales, une pandémie et deux ouragans.

Il est impossible de comprendre les Honduriennes, les Honduriens et les grandes caravanes de migrants sans reconnaître ce contexte de cruelle souffrance que nous avons dû traverser. Mais la démocratie électorale ne suffit pas à assurer le bien-être matériel et spirituel de notre peuple.

Treize ans de dictature sous la tutelle de la "communauté internationale" ont conduit le pays à multiplier par six sa dette publique et à atteindre le taux de pauvreté de 74 %, le plus élevé de l’histoire du Honduras. Cinq compatriotes sur dix vivent dans l’extrême pauvreté. Mais il est clair qu’aucun de ces chiffres n’impressionne personne dans un monde qui vit aujourd’hui sous la dictature monétaire, où des mesures draconiennes de discipline fiscale sont imposées aux plus pauvres, ce qui accroît les souffrances des masses arriérées, Et le capital spéculatif n’a pas de limites.

Il est évident qu’aujourd’hui, pour que notre pays survive, nous devons rejeter cette prétendue austérité qui récompense ceux qui concentrent les richesses en peu de mains et qui augmentent les inégalités de manière exponentielle. Depuis notre arrivée à la fin du mois de janvier, nous avons fait preuve d’une volonté ferme de parvenir à un consensus en exprimant toujours la plus ferme détermination de parvenir à des accords sur nos engagements, sans en renier aucun. Mais la tâche de saper la volonté du peuple, nous vient de toutes les directions, tandis que se fomentent des conspirations entre les mêmes qui ont pillé le pays et leurs alliés putschistes, enhardis par l’attitude éhontée anti-démocratique, parfois déguisée en diplomatie.

Les politiques publiques soutenues par le modèle rentiste, de la communauté financière internationale au cours des 13 dernières années, nous ont entraînés dans un monde plein de violence et de pauvreté avec des projets avortés, abandonnés, corrompus, le pillage et le narcotrafic. Aucun des témoins internationaux des fraudes électorales de 2013 et 2017 n’ignoraient ce à quoi ils condamnaient notre peuple, et pourtant ils se sont montrés complaisants face au pire fléau qui a frappé notre pays. L’orgueil du capital et de l’intérêt mesquin, a fait opter pour la tromperie, tandis que le crime organisé conduisait le pays à la gorge.

Les nations pauvres du monde ne supportent plus les coups d’État, l’utilisation de la loi Fare, ni les révolutions de couleurs habituellement organisées pour piller nos vastes ressources naturelles.

Les nations industrialisées du monde sont responsables de la grave détérioration de l’environnement, mais elles nous font payer pour leur mode de vie onéreux, et pour cela, elles ne ménagent rien, pour nous plonger dans la misère et dans une crise sans fin, Comme si on était pieds et poings liés.

Le Honduras que je dirige se construit dans une vision de refondation humaniste, imprégnée de dignité et de souveraineté, qui fera ce qui est légalement important pour récupérer notre environnement et réaliser le bien commun pour toute notre population. Nous jugeons donc inacceptable cet ordre mondial arbitraire, dans lequel il existe des pays de troisième et de quatrième catégorie, alors que ceux qui se croient civilisés ne se lassent pas de faire des invasions, des guerres, des spéculations financières et de nous crucifier avec leur inflation encore et encore.

Je prends cette tribune pour exiger que l’on nous respecte, que l’on vive en paix, qu’on ne tente plus de déstabiliser le Honduras, qu’on nous dicte ses actions ou qu’on choisisse avec qui nous devons avoir des relations. Le peuple est souverain, il l’a prouvé le 28 novembre en soutenant mon triomphe, le plus grand de notre histoire. Et la résistance populaire qui a lutté contre la dictature imposée pendant ces 13 ans, soit le 15 septembre jour de notre indépendance, m’a massivement accompagné dans les rues, conjurant les menaces publiques et la mauvaise habitude de continuer à remettre les biens nationaux au plus offrant, Comme si on était un no man’s land.

Nous ne porterons plus jamais le stéréotype de la République bananière, nous mettrons fin aux monopoles et aux oligopoles qui ne font qu’appauvrir notre économie. Un peuple généreux qui a arrosé de son sang la défense des forêts et des rivières, ne va pas oublier que, pendant la dictature, des centaines de meurtres de jeunes et celui de notre compagne Berta Cáceres ont été commis, ni la disparition forcée de Honduriens pour leur opinions, comme cinq compagnons garifunas [1] il y a deux ans.

Chaque millimètre de la Patrie qu’ils usurpèrent au nom de la sacro-sainte liberté de marché, Zedes, et d’autres régimes de privilège fut irrigué du sang des peuples originaires. Mon gouvernement social et démocratique va revenir à un état de justice et de droit, pour que cela ne se reproduise plus. Nous travaillons d’arrache-pied pour donner la priorité aux incitations et à l’élimination des abus fiscaux. Nous avons déjà commencé en promouvant une loi sur l’énergie comme bien public, en redonnant le droit aux travailleurs et en soutenant notre marché intérieur en investissant dans l’agriculture pour la sécurité alimentaire, en subventionnant les plus pauvres qui ne peuvent pas payer l’électricité.

Nous avons proposé de renégocier les accords de libre-échange. Nous avons pris la décision souveraine d’investir dans notre développement en remplaçant les importations, mais en faisant concurrence sur les marchés internationaux sans subventionner les excès des pays développés.

Nous reconnaîtrons l’importance de la femme dans la société en tant que pilier de celle-ci, et nous lui fournirons la santé, une éducation de qualité, la sécurité et la souveraineté alimentaire.

Pour le Honduras, chaque caravane de migrants qui fuit la dictature qui a été mise en place pendant plus de dix ans est une lourde perte pour notre pays et ses familles. Les chiffres nous indiquent que ce processus d’exode provoqué par l’injustice néolibérale génère plus de chômage et nous lie à une dépendance indésirable. Paradoxalement, dans notre pays, les migrants génèrent plus de recettes en devises que nombre des exportations traditionnelles, notre solidarité et notre accompagnement avec les expatriés.

Au Honduras, nous ne pouvons plus soutenir l’hypocrisie d’un système qui juge des crimes liés au trafic de drogues ; d’un personnage qu’ils ont pourtant soutenu pendant plus d’une décennie dans la forfaiture de crimes, deux fraudes électorales, et des crimes contre la patrie, contre des millions d’Honduriens.

Pour toutes ces raisons, nous allons mettre en place une commission internationale de lutte contre la corruption et l’impunité avec le soutien du Secrétaire des Nations Unies. Le Honduras n’aura d’avenir que s’il prend des mesures fermes pour démanteler définitivement la dictature économique néolibérale.

C’est pourquoi nous avons déjà commencé la refondation de la Patrie et de l’éducation avec les idéaux et les valeurs de notre héros national : Francisco Morazán Quezada. Au Honduras, mon gouvernement a entamé un processus de refondation et de changement profond qui repose sur quatre piliers fondamentaux :

La transformation révolutionnaire de l’éducation, élever l’esprit humain, et mettre fin au colonialisme.
Construire un modèle économique alternatif, profondément souverain.
Construire un système dont le centre est l’exaltation de l’humanisme, la solidarité, l’intégration avec les peuples frères, la Paix et le respect des droits de l’homme.
La nationalisation progressive des services publics tels que la santé, l’eau potable, l’électricité et l’internet.

Aujourd’hui que la guerre frappe à nouveau les plus pauvres du monde et que nous sommes des pays envahis, nous prônons le retour au respect de l’autodétermination des peuples, en rejetant l’infâme et brutal blocus imposé au peuple de la République sœur de Cuba.

Il est temps de discuter sérieusement de la multipolarité du monde.

Le président Barack Obama a fait les premiers pas vers la fin de cette infamie. Déjà Gustavo Petro décrète que l’agression contre la République bolivarienne du Venezuela doit cesser.

Peuples du monde entier !

Comme l’a dit notre collègue Berta Cáceres :

« Réagissons, il est encore temps »

Merci beaucoup


Victoire écrasante de la diplomatie cubaine à l’ONU: 185 pays votent contre le blocus étasunien

Seuls 2 pays ont voté contre (les États-Unis et Israël) et 2 se sont abstenus (le Brésil et l'Ukraine).


La Havane, 3 nov. (RHC)- Cuba a célébré ce jeudi une nouvelle victoire diplomatique écrasante dans sa lutte contre le blocus étasunien. Au terme du débat sur le projet de résolution présenté par Cuba, 185 pays ont voté pour, 2 contre (les États-Unis et Israël) et 2 se sont abstenus (l’Ukraine et le Brésil).

Le rapport présenté pour la trentième fois indique qu'entre août 2021 et février 2022 seulement, cette politique unilatérale a causé à Cuba des pertes de l'ordre de 3 milliards 806,5 millions de dollars. Ce chiffre est supérieur de 49% à celui enregistré entre janvier et juillet 2021 et constitue un record en sept mois seulement.

Aux prix actuels, les dommages accumulés pendant six décennies de blocus s'élèvent à 150 milliards 410,8 millions de dollars, avec un lourd fardeau pour des secteurs tels que la santé et l'éducation, en plus des dommages causés à l'économie nationale et à la qualité de vie des familles cubaines.

Au cours des seuls 14 premiers mois de l'administration Biden, les pertes causées par le blocus se sont élevées à 6 milliards 364 millions de dollars, ce qui équivaut à plus de 454 millions de dollars par mois et à plus de 15 millions de dollars par jour, selon le document.

L'impact extraterritorial du blocus porte atteinte à la souveraineté des pays tiers, sanctionne leurs hommes d'affaires et empêche l'accès à leurs ports pour les navires qui accostent à Cuba. Elle empêche également l'importation à Cuba d'articles produits dans n'importe quel pays lorsqu'ils comportent 10% ou plus de composants nord-américains, a dénoncé le ministre des Affaires étrangères dans son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU peu avant la mise aux voix.

Source: Prensa Latina

source : https://www.radiohc.cu/fr/noticias/nacionales/303896-victoire-ecrasante-de-la-diplomatie-cubaine-a-lonu-185-pays-votent-contre-le-blocus-etasunien

Ian Brossat - France Info - 03/11/22

 

Propos racistes à l'Assemblée nationale : "On ne doit plus pouvoir être élu dès lors qu'on a tenu des propos racistes", propose Ian Brossat

EDF embauche des soudeurs étasuniens pour réparer ses réacteurs

En mal de manoeuvre qualifiée et compétente et de technicité : EDF vient d’embaucher une centaine de soudeurs étrangers pour réparer ses problèmes de corrosion sur ses réacteurs nucléaires. Ils viennent des Etats-Unis, de chez Westinghouse, la société à qui EDF a acheté voici soixante ans les plans des réacteurs dit tricolores. Avec ce bel exploit le mythe vendu aux français par la propagande d’Etat sur la pseudo indépendance de la France grâce au nucléaire s’effondre publiquement.

Incapable de maîtriser ses monstrueux joujoux atomiques touchés par la corrosion de leurs tuyauteries et bien mal en point en d’autres endroits, EDF en manque de main d’œuvre qualifiée appelle au secours en urgence une centaine de soudeurs étasuniens.

Ces ouvriers de Westinghouse, qui débarquent par dizaines par avions depuis début octobre, sont spécialisés dans les soudures de haute précision que la nucléocratie française ne possède pas, ni la technique de soudage ni les outils. Tous les experts s’accordent là-dessus. Les soudures à réaliser sur des tuyaux du système de sécurité sont si complexes que la répétition des gestes et l’attention à porter exténuent. D’autant que le cadre d’exécution n’est pas parfumé au gaz hilarant.

Les tronçons à réparer avaient été découpés sur la plupart des réacteurs nucléaires suite à la découverte en début d’année de corrosions sur les deux réacteurs atomiques de Civaux (Vienne) et Chooz (Ardennes) puis à Penly (Normandie). Découpes et prélèvements visant à contrôler que ces graves problèmes n’affectaient pas aussi tous les autres réacteurs disséminés sur le territoire. A présent, il faut tous les remettre en place au fur et à mesure des contrôles et que les soudures tiennent le coup. Un travail titanesque de plusieurs mois pour plusieurs centaines de milliers d’euros au bas mot que les usagers paieront d’une manière ou d’une autre.

Mais les ouvriers étasuniens doivent s’adapter aux modifications apportées au fil des années par les ingénieurs d’EDF sur les plans et schémas initiaux (1) achetés à Westinghouse et pour lesquels la France a payées des royalties pendant quatre décennies. Aussi EDF a du ouvrir un centre d’adaptation-formation pour jouer carte sur table et tenter de retrouver la mémoire des bricolages effectués. C’est que les soudeurs de Westinghouse vont devoir travailler plusieurs mois sur le parc nucléaire vétuste français et ne veulent pas être impliqués dans une catastrophe.

Si EDF fait déjà appel à des travailleurs sous-traités, notamment de la société "Endel" (2), qui sont à l’oeuvre sur les réacteurs de Tricastin (Drôme-Vaucluse), Bugey (Ain), Cattenom (Moselle) ou rien ne semble avoir été détecté, à Chinon (Indre-et-Loire) ce n’est pas la même histoire et des corrosions (3) y ont été mises au jour. Alors une question taraude les champions du nucléaire : on change les tronçons ou bien on change toutes les tuyauteries ? Les chantiers ne sont évidemment pas de la même ampleur, sauf à dissimuler la réalité.

De toute façon le compte n’y est pas en spécialistes (3) pour remettre en service ces vieilles casseroles mortelles amputées. Même si EDF s’est associé au constructeur des sous-marins nucléaires "Naval Group" et à Areva-Orano pour mettre sur pied une école de formation aux métiers de soudeurs : ils ne seront pas opérationnels avant plusieurs années. Et les planning farfelus d’EDF ne pourront être tenus : le nucléariste annonçait que la centrale de Chooz devait être relancée en plein coeur de l’hiver en décembre 2022 et celle de Civaux en janvier 2023. On sait que les délais auront du mal à être tenus sauf à prendre des risques supplémentaires avec la sécurité et à forcer la main de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui doit donner son feu vert au redémarrage.

__
(1) technologie de Réacteur à Eau Pressurisée (REP)

(2) Endel est une filiale de "Engie" qui se désengage du nucléaire et s’oriente vers les énergies renouvelables. Engie a vendue en avril dernier Endel à la société Altrad du milliardaire Mohed Altrad qui dirige également le club Montpellier-Hérault-Rugby.

(3) la corrosion est une fissuration des matériaux. Ces défauts se traduisent sous forme de microfissures (amorcées en surface du matériau) se propageant dans l’épaisseur de la pièce. Le mécanisme à l’origine de la fissuration est appelé « corrosion sous contrainte » (CSC). Le matériau est soumis non seulement à une contrainte mécanique (cas de la fissuration simple), mais aussi à un milieu aqueux (ici le milieu primaire contenant du bore) qui permet d’amorcer la microfissuration sous une contrainte mécanique moindre que si le matériau n’était exposé qu’à l’air. voir :
https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20220120_NI-...

(4) Le PDG de EDF, Jean-Bernard Levy, estimait encore début septembre 2022 (avant que le gouvernement et Emmanuel Macron ne le remplace par un nouvel homme-lige ) que son entreprise manquait de soudeurs depuis plusieurs années et que leur formation ne pouvait pas être relancée sans perspective ... d’un nouveau parc nucléaire en France.