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L’ESPRIT CRITIQUE APPLIQUÉ À LA GUERRE EN UKRAINE

« Nous vous appelons à redoubler d’efforts pour chercher un cadre réaliste pour un cessez-le-feu » : 35 parlementaires américains, figures de l’aile progressiste du parti Démocrate, avaient appelé, le 24 octobre dernier, Joe Biden à « déployer de vigoureux efforts diplomatiques en soutien à un règlement négocié et à un cessez-le-feu, à engager des pourparlers directs avec la Russie (et) à explorer les perspectives pour un nouvel accord de sécurité européen acceptable par toutes les parties ». 

C’était la première fois qu’un appel de cette teneur émanait du parti du Président. Les intéressés avaient clairement souligné dans leur déclaration leur opposition à l’invasion « illégale et scandaleuse » de l’Ukraine par la Russie. Il n’empêche : leur prise de position fut assimilée à celle des Républicains pro-Poutine, et ce à la veille des élections stratégiques du 8 novembre. Mis sous pression, les auteurs de la lettre à Biden se sont finalement résolus à retirer leur appel. 

La guerre, elle, se poursuit de plus belle au risque de basculer brusquement dans l’irréparable…

La France n’est pas l’Amérique. Pourtant, force est de constater qu’ici aussi, sur ce même sujet, la parole libre et l’esprit critique ont du mal à se frayer un chemin, notamment dans les grands media . Même émanant de personnalités respectées et dont le rejet de l’agression russe ne souffre aucune ambiguïté, une prise de position s’écartant du discours « politiquement correct » fait courir à son auteur le risque de l’amalgame infamant. 

Il faut donc rendre hommage aux quelques voix courageuses -experts en relations internationales ou anciens généraux, notamment- qui osent braver ce danger en esquissant qui un doute (sur le prolongement indéfini de la guerre au nom de l’objectif de la « gagner ») , qui une proposition ( d’ouvrir « une porte de sortie » à l’envahisseur en espérant rendre possible une issue au conflit par la voie politique et non militaire). 

Et voici qu’un autre spécialiste souvent consulté sur la tragédie ukrainienne, l’ex-ambassadeur Michel Duclos, non suspect de faiblesse à l’égard du Kremlin, vient d’exprimer à son tour des propos qui auront sans doute dérangé plus d’un commentateur attitré : dans la phase critique où est désormais entré le conflit, « On ne peut laisser aux seuls Ukrainiens la responsabilité de définir les buts de guerre et le calendrier d’une éventuelle négociation »

(1) Puisse cette analyse responsable faire son chemin parmi les dirigeants européens ! 

Puissent-ils se poser, comme le diplomate, la terrible question de savoir « si nous ne sommes pas entrés dans une spirale qui rend presqu’inévitable un choc frontal entre la Russie et l’OTAN » et en tirer les conclusions qui s’imposent ! 

Le pire est que nombre d’observateurs, sinon de responsables politiques, partagent cette conviction, mais n’osent l’exprimer de peur de s’exposer aux préjugés et aux anathèmes. Faut-il leur rappeler que le défaut d’esprit critique finit toujours par se payer cher ? 

Cela vaut pour la guerre en Ukraine.

(1) Le Monde (24/10/2022)

Noam Chomsky,: PROPAGANDE, GUERRE NUCLÉAIRE, CLIMAT : Il faut sauver notre espèce !

 

Noam Chomsky, dans cette interview accordée à Olivier Berruyer pour ÉLUCID, revient sur les grands enjeux du moment : risque de guerre nucléaire mondiale, vaccination, climat, médias et propagandes. Le grand capital continue son œuvre et détruit tout sur son passage, pourra-t-on sauver l’humain ?



Chapitrage

[00:00 à 04:45] - Le modèle chomskyste de propagande et son évolution avec l'émergence des réseaux sociaux.

[04:45 à 13:10] - Les élections américaines et les soupçons de fraude.

[13:10 à 16:45] - Le mensonge en politique et les croyances des électeurs.

[16:45 à 23:55] - Le risque de guerre nucléaire.

[23:55 à 30:05] - La crise du Covid, symbole des failles du système capitaliste et de l'Union européenne.

[30:05 à 34:38] - Des solutions pour améliorer le système médiatique : une meilleure éducation des citoyens et des médias alternatifs.
Pour aller plus loin :



[0:29] - Le livre dont parle Noam Chomsky est son livre de référence sur la propagande : Fabriquer un consentement.

[2:10] - Vous trouverez ici la série 1619 du New York Times.

[11:10] - Vous trouverez sur cette page l'étude de l'Université de Yale dont parle Noam Chomsky, qui analyse la relation entre l'affinité partisane et la vision du changement climatique.


[20:05] - Vous pouvez ire ici l'éditorial du New York Times du 12 juin 2021 défendant l'idée d'une réintégration de l'Iran dans le concert des nations en échange de la création d'une Zone exempte d'armes nucléaires au Moyen-Orient, mais qui exclurait Israël... Vous trouverez ici la liste des traités ayant déjà créé des Zones exemptes d'armes nucléaires.

[27:55] Vous pouvez lire ici les actions des médecins cubains envoyés en Italie pour aider à lutter contre les ravages du Covid.

[29:00] Voici l'article du Washington Post du 16/03/2021 expliquant que l'administration Trump a fait pression sur le gouvernement du Brésil pour qu'il refuse le vaccin russe contre le Covid.

[31:55] - Nous vous recommandons cet article sur l'histoire des journaux ouvriers américains du XIXe et XXe siècle, qui sont souvent cités en exemple par Noam Chomsky comme une forme d'organisation efficace contre la propagande mainstream et pour la promotion des droits des travailleurs.

Appel à la grève lancé par le journal ouvrier Voice of action du 28/10/1933

Il n'y a pas de pognon en France. Mais pour les entreprises, ce sont 157 milliards d'euros d'aides publiques.

Pour ceux qui ne suivent vraiment pas, la France est la deuxième puissance économique au sein de l'UE du capital et dans le top 7 au niveau mondial, quand l'inflation galope dans notre pays et que votre pouvoir d'achat dégringole.
Le rapport sur les aides publiques « Un capitalisme sous perfusion » commandé par la CGT à l’Ires (Institut de recherches économiques et sociales) a décortiqué et analysé le maquis des aides destinées aux entreprises. Le résultat est édifiant : il existe plus de 2000 dispositifs de soutien, pour un montant total de 157 milliards !

« L’essentiel de ces mesures sont des exonérations de cotisations sociales, et le reste consiste en niche fiscale
» précise Mathieu Cocq, économiste CGT.

Ce chiffre ne tient pas compte des mesures d’urgences mises en place pendant la crise sanitaire (environ 80 milliards d’euros) ni de celles liées à la crise énergétique actuelle, puisqu’elles ne sont pas appelées à durer.

La mise en perspective de ce montant est très parlante, cela correspond à :5 fois la dette des hôpitaux,
2 fois le budget de l’Éducation nationale
6 fois celui de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

La comparaison avec les 15 milliards d’euros de déficit prévu dans 10 ans pour les retraites laisse songeur. Ou encore avec le coût de la revalorisation du point d’indice de 10 %, soit 2,1 milliards d’euros (environ 7 fois moins que le coût des aides aux entreprises !)
Ces montants colossaux ne tiennent évidemment pas compte de la fraude fiscale et sociale.(...)



La totalité de l'article en lien:

LA NUPES ET LE TRISTE SPECTACLE DU PARLEMENTARISME PETIT-BOURGEOIS

Quel triste spectacle parlementaire ! 

Il n'y a pas d'autres mots pour définir le fonctionnement de cette coalition parlementaire. Petites guerres internes, opportunisme, effet de manche, font oublier les combats des parlementaires menés pour gagner de nouveaux droits.

Quel avenir pour la NUPES, pour le Parti communiste français ?


L’Assemblée nationale et le combat parlementaire ne sont ni l’alpha, ni l’oméga des luttes. Le conflit des raffineurs démontre que c’est dans la lutte que se gagne de nouveaux droits (ici des hausses de salaires en période de forte inflation), mais aussi la conscience de classe, cette conscience qui nous permet de nous unir et d’affronter la bourgeoisie.

L’Assemblée nationale pour les forces révolutionnaires doit permettre de faire remonter les revendications issues des luttes, et gagner des positions dans le droit bourgeois. En aucun cas, la révolution ne se fera par cette institution. Cette originalité héritée hier des formations historiques de la gauche révolutionnaire et républicaine, incarnée très longtemps par le Parti communiste français, est en crise.

Cette tradition tribunitienne s’efface au profit d’un triste spectacle, d’une médiatisation de comportements et de petits mots rendant cette pratique en extinction, et surtout faisant le jeu des pires populismes.

La NUPES a été un espoir pour de nombreuses personnes. Majoritairement voulu par le monde militant, politisé, elle s’est imposée comme une force majeure dans l’électorat, incontournable, mais sans dynamique réelle dans les urnes.

Elle a échoué électoralement et on ne reviendra pas sur les résultats. Actuellement, elle dispose de 151 sièges sur 577. Malgré ces résultats, des élus populaires sont entrés dans l’hémicycle et portent clairement des revendications de progrès. Chaque groupe dispose de ces élus issus des couches populaires, du prolétariat et ils sont une conquête. Mais il y a aussi une série de « porte-paroles » contre productifs et qui sont volontairement médiatisés afin d’affaiblir la parole des élus issus du peuple et du prolétariat.

Depuis l’ouverture de la législature, la NUPES est traversée par des crises successives, des drames, et elle ne parvient pas à gagner des positions.

À peine en place, gagner la Présidence de la Commission des finances devient une guerre de tranchée dans laquelle on entend des militants formés aux luttes devenir des hérauts de ce combat. Ridicule, c’est le seul mot qui vient à l’esprit pour un militant révolutionnaire.

On passe sur les violences sexistes et sexuelles qui traversent malheureusement les différents partis formant la NUPES. Que ce soit pendant la campagne des législatives, ou ces derniers jours, la réponse politique apportés par certaines organisations membres de la NUPES a été au-dessous de tout.

Parmi les autres polémiques et les petites phrases assassines envoyées les uns contre les autres, on peut retenir la tragédie que représente l’intersectionnalité à l’épreuve du pouvoir avec le désastre nommé Sandrine Rousseau, l’article anti-CGT de Jean-Luc Mélenchon et le tweet de Raquel Garrido sur la motion de censure. Le populisme démontre son incapacité à tenir la ligne. Triste spectacle.

Conséquence : Le gouvernement, pourtant minoritaire à l’Assemblée nationale, peut ainsi faire passer ses textes à coup de 49-3 sans s’inquiéter des critiques, la NUPES ne gagne rien, pire, elle s’époumone et le RN manœuvre, joue, et mise sur une dissolution pour renforcer son groupe. Il ne reste plus qu’à incendier l’Assemblée nationale pour porter le fascisme au pouvoir.

Bref, la NUPES, vous l’avez voulu, maintenant, il faut l’assumer.

Mais alors, que faire ?


Doit-on rompre avec la NUPES ?

Elle est là, avec ses travers, ses lourdeurs, son anticommunisme viscéral. Elle est là, car ce fut la position majoritaire des communistes, qui après avoir affirmé haut et fort qu’il fallait une candidature communiste à l’élection présidentielle, se sont couchés et effacés devant la proposition du Conseil national de n’exister que dans 50 circonscriptions (sans compter les circonscriptions fantômes, et les 3/4 dissidents).

Elle est là aussi par la volonté des urnes. Par le « vote utile » du premier tour de l’élection présidentielle exprimé en faveur de Jean-Luc Mélenchon, et par le vote aux législatives, malgré un échec sur les ambitions majoritaires.

Donc non, à cette heure, le PCF n’a pas les moyens politiques pour rompre cette coalition. Le PCF est traversé par ses propres contradictions (idéologiques, stratégiques, tactiques), miné par sa 5ᵉ colonne qui prépare sa scission en cas d’échec au 39ᵉ congrès, miné par un Conseil national d’incapables, miné par des structures en crise et plus adaptées à cette époque.

Il devra impérativement changer sa ligne et ses structures pour relever les défis de demain et surtout exister en dehors des formations sociales-démocrates et populistes.

En attendant, retrouver une fonction tribunitienne au PCF

S'il y a un exercice que maîtrise bien le Parti communiste français, c’est celui-là.

Nos aîné.e.s ont su prendre en compte les nécessités historiques et politiques qui ont permis la création du PCF. Ils/elles ont fait le choix de construire un parti politique qui serait celui du communisme (ni primitif, ni du XIXᵉ, ni du XXᵉ, ni du XXIᵉ siècle).

Un parti dont le rôle révolutionnaire s'oriente pour la prise du pouvoir par le prolétariat et que nos camarades n'avaient pas peur d'affirmer la nécessité de la dictature du prolétariat comme une réponse démocratique à la tyrannie de la bourgeoisie et de son système représentatif.

Une des missions que notre parti doit retrouver, c'est la mobilisation du prolétariat et la (re)construction d'une conscience de classe.

Le parti doit se défaire du "parlementarisme" pour comprendre que notre rôle :

Lors des élections :

1- Mobiliser le prolétariat autour de nos mots d'ordre.
2- Faire de l'agitation révolutionnaire.

Dans les institutions :

1- Faire des institutions bourgeoises une tribune révolutionnaire.
2- Opposer un travail législatif contre la bourgeoisie afin de gagner des droits nouveaux.
3- Reconnaître que les institutions ne seront pas sauvées.
4- Un.e élu.e du PCF est avant tout un.e militant.e du Parti (pour en finir avec l'aventurisme de certain.e.s).
5 – Être le Parti du travail, le parti des travailleurs et des travailleuses

Il y a eu une polémique concernant la valeur travail et le PCF a été accusé d’être un parti de droite par des petits-bourgeois gauchistes en mal de sensations révolutionnaires. Ces mêmes gauchistes qui n’ont jamais eu besoin de sortir de leurs facs de sociologie pour vivre l’exploitation capitaliste au jour le jour.

Malgré ses contradictions, le PCF s’est toujours placé dans l’optique de l’abolition du travail salarié.

"Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus" est un verset de Saint Paul dans le Nouveau Testament dont Lénine fera sien en 1917 sous la forme "celui qui ne travaille pas ne mangera pas" (L'État et la Révolution).

La référence au travail permet de dénoncer les oisifs qui se nourrissent du travail des ouvriers et des paysans (propriétaires des moyens de production, actionnaires, propriétaires fonciers, rentiers ...).

Alors oui, le PCF doit incarner le fait qu’il est le Parti du travail, le parti des travailleurs, des travailleuses, qu’il agit pour que chacun, selon ses moyens, reçoit selon ses besoins. Personne ne reste sur le bord de la route, et surtout pas les personnes souffrantes de handicaps. Oui, chez les gauchistes, défendre le travail, c'est exclure les personnes en situation de handicap. Quel crépuscule de l’esprit.

Enfin, parlons du rôle de Fabien Roussel.

Il a remis le PCF dans l’actualité et dans les médias. Avec des polémiques qui ont permis de réaffirmer certaines valeurs : L’accès à une bonne alimentation (devenue « saucisse-vroum-vroum » chez les gauchistes), le travail-salaire-retraite, la laïcité (une position dénoncée comme un « complot du CRIF agissant au sein de la direction du PCF » par gens des proches de LFI), le nucléaire-l’énergie, etc.

Il incarne aussi les limites idéologiques du PCF. En rejetant les « kolkhozes, les soviets », la nationalisation de TOTAL, et en repoussant le retrait de la France de l’OTAN, il démontre aussi qu’il s’inscrit dans la ligne idéologique du PCF issus de la mutation, sauf sur l’OTAN où il sort clairement de la ligne du PCF.

Il la joue solo, probablement une conséquence du non-fonctionnement du Conseil national qui rappelle la situation d’Enrico Berlinguer en Italie. Minoritaire au Comité central du PCI, Berlinguer s’appuyait sur les sections et les militants. Fabien Roussel fait la même chose. Avec un Conseil national hostile (résultat des capitulations du 38ᵉ congrès et de la faiblesse des statuts), Fabien Roussel s’appuie sur la base militante.

Il incarne aussi l’indépendance du PCF, du moins symboliquement, vis-à-vis des organisations sociales-démocrates et populistes et le rôle tribunitien du PCF. Il est dans les luttes, il porte les revendications des luttes et il permet de redonner au PCF une visibilité auprès de la classe ouvrière.

Il incarne un héritage, celui de Georges Marchais, mais l’idéologie en moins. À nous, collectivement, de remettre le PCF dans la voie de la révolution, du marxisme-léninisme et du socialisme-communisme.

L’enjeu du 39ᵉ congrès portera sur l’avenir du PCF : Effacement, statu quo ou révolution ?

Et si on décidait de mettre les moyens pour sauver le Parti Communiste Français et pour enfin trouver une route révolutionnaire qui détruise le système capitaliste et ses aliénations ?

Notre modèle d'organisation politique, hérité des années 80-90 et institutionnalisé avec la mutation de Robert Hue, est en fin de vie du fait de trois facteurs :

1- L'abstention politique. Une grande partie du prolétariat (travailleurs-travailleuses, et une partie des couches populaires) et du lumpenprolétariat (couches populaires) ne se déplace plus pour voter.

2- L'absence d'organisation politique crédible pour tenir ce mode d'action. Les sections sont à bout de souffle (et mourantes dans de trop nombreux endroits), les cadres vieillissants, le Conseil national inactif, non représentatif du prolétariat et hors sol dans ses travaux.

3- La recherche d'une auto-organisation du prolétariat hors des partis politiques (gilets jaunes, collectif justice et vérité pour Adama ...). Cette auto-organisation ne trouve comme débouché politique que l’expression du vote « utile ».

Cette situation démontre que toutes les stratégies du PCF sont vouées à l'échec et qu'il faut réformer en profondeur nos campagnes, nos actions, nos stratégies et nos tactiques.

Mais soyons clair, le Parti Communiste Français tel qu'il existe aujourd'hui n'a aucun avenir, il n'est ni un parti d'avant-garde, ni un parti de masse. Pour survivre, il doit profondément revoir son organisation et ses buts politiques. Que faire ?


A- Dans le temps courts, le PCF doit acter une série de mesures d'urgences

Il faut mettre le paquet sur le sauvetage des sections ; Mettre le paquet sur la formation, la politique de cadre et leurs déploiements vers les lieux identifiés comme stratégiques ; Réorienter le travail du Conseil national vers les questions essentielles.

Si aujourd'hui le PCF n'est ni un parti d'avant-garde, ni un parti de masse, cela s'explique par des choix politiques et une attrition très forte de ses membres. Il est devenu un parti "classique" du système et un parti de notable, de retraités, de cadres de la fonction publique territoriale. Il ne représente plus le prolétariat et n'arrive pas à se faire entendre par ce dernier tellement les mots d'ordres mis en avant sont coupés des attentes réelles des gens.

B- Un parti d'avant-garde plutôt qu'un parti de masse

Un autre facteur, inhérent à la société néolibérale actuelle, l'individualisme a pénétré les esprits et ne permet plus de justifier des organisations de masse. Aujourd'hui l'organisation politique est plus informelle (mouvements, collectifs thématiques ...) et centrée autour de petits groupes menant des campagnes d'agit-prop. Il serait illusoire de croire que le PCF peut redevenir une organisation de masse dans les conditions actuelles.

Il faut donc faire le choix du parti d'avant-garde qui agit avec une base militante conscientisée et formée aux pratiques révolutionnaires. Cela signifie de mettre un terme au modèle actuel, hors sol et électoraliste qui caractérise le PCF.

Les directions doivent être dirigées par d’authentiques militant.e.s révolutionnaires, issues du prolétariat, discipliné.e.s dans le cadre du centralisme démocratique. Il ne s'agit ni d'une retraite politique, ni d'une planque, ni d'un strapontin pour une carrière politique, ni d'une reconnaissance pour bons et loyaux services, mais d'un engagement pour un idéal et le parti qui le porte.

C- Revoir le fonctionnement interne

Vu la situation actuelle, les structures du parti sont obsolètes et dépassées. Il faut ainsi revoir le fonctionnement interne autour d'une organisation de type "centralisme démocratique" et de mandats impératifs.

Le PCF paie aujourd'hui le prix fort de ses choix politiques adoptés lors des congrès précédents. Son renoncement à son modèle démocratique original (le centralisme démocratique) et la mise au-dessus de tous des élus communistes font que notre parti n'a plus la capacité d'agir pour maintenir les règles élémentaires de la démocratie interne.

Les statuts doivent être changés et doivent être modifiés pour répondre au besoin de démocratie

Les opportunistes, les aventuriers, les tribunes de membres du CN dénonçant des choses ou appelant à faire d'autres choses fatiguent un nombre très important de communistes. Cela révèle la faillite du mode d'organisation interne du PCF et il faut agir.

Quelques pistes de réflexion peuvent être avancées :

1- Rétablir l'exclusion pour dissidence. Le pluralisme des idées ne doit pas permettre aux opportunistes d'agir contre l'avis de la majorité des adhérents du PCF. "Liberté de critique et unité d'action" écrivait Lénine dans la Volna n°22, le 20 mai 1906.

2- Replacer l'élu communiste comme un membre du PCF, qui n'est pas au-dessus des règles du PCF, ni au-dessus de sa section et de ses membres. Les barons locaux ne doivent plus se comporter comme des potentats, mais doivent redevenir des militants communistes. Ils doivent leurs positions uniquement grâce à la force du militantisme et au soutien du PCF.

3- Rétablir un centralisme démocratique qui place le communiste au cœur des décisions politiques. Pour cela, un grand travail de redéploiement de l'appareil militant doit être effectué, et avec les moyens nécessaires. Cette question est centrale, la démocratie interne ne peut se calquer sur les institutions bourgeoises, mais doit se calquer sur un modèle de démocratie populaire. Le modèle actuel, celui issu de la mutation, est dépassé, obsolète et hautement antidémocratique. Il doit être changé.

4- Créer les outils nécessaires pour permettre le débat interne au PCF et pour s'assurer que la voix des communistes soit entendu dans toutes les instances dirigeantes du Parti. Le développement des nouvelles technologies ne doit pas être utilisé pour démontrer qu'il y a une révolution informationnelle qui permet de créer un nouveau type d'exploitation capitaliste (uberisation, plateforme ...), mais doit être utilisé pour et par le PCF.

5- Créer une Commission nationale de contrôle chargée de veiller à la légalité des actes, aux suivis des travaux du CN et des fédérations, au respect des statuts et des décisions prises lors des congrès. Ce genre de commission existe dans la majorité des Partis communistes et ouvriers du monde.

6- Fixer un nombre maximal de mandats au Conseil national comme dans les exécutifs et conseils fédéraux.


D- Il faut débattre, briser les tabous sur l’organisation

Il faut déployer sur le terrain de nouvelles structures d'organisation.

Vu la situation actuelle, les structures du parti sont obsolètes et dépassées. Il faut donc revoir le fonctionnement interne.

Le Conseil National doit centrer son action autour de :

- La formation des militant.e.s communistes.

- L'action résolue vers les organisations de masses encore existantes comme la CGT et le Secours populaire. Nos idées doivent pénétrer les masses via des militant.e.s formé.e.s et actifs dans ces structures. Il ne s'agit pas de faire de l'entrisme à la gauchiste, mais bien de faire converger les formations du prolétariat vers les mots d'ordre du Parti communiste et de les faire participer à la construction d'une société nouvelle.

- Déployer des suivis déterminés, qui ne se content pas à suivre une Assemblée générale ou un congrès local, mais qui co-animent des actions locales et/ou aident à la construction de nouvelles structures là où est identifié un potentiel.

- Travailler à développer un programme politique portant sur des revendications immédiates et des revendications révolutionnaires (socialisme). À côté de ça, des commissions, transparentes, débarrassées du contrôle des groupes fractionnistes, doivent travailler à produire des réflexions de hautes portées pour répondre à ce double enjeu.

- Le Conseil national déploie tous les outils nécessaires pour diffuser ses idées, via des médias classiques (télévision, presse ...) et modernes (internet ...). Il doit se doter d'outils cohérents et pertinents. Ses portes paroles doivent être identifiées.

- De ce Conseil national doit découler un Bureau Politique disponible à 100% et encore plus motivé dans l'atteinte des objectifs politiques.

Débattons d’un nouveau maillage territorial pour répondre à l'objectif révolutionnaire. Je propose une série de mesures, pour certaines très ambitieuses, afin de faire du PCF cet outil révolutionnaire dont nous avons besoin :

Abandonner les Comités régionaux (qui dans les faits n'existent pas), les fédérations départementales et les sections pour une structure privilégiant l'implantation locales et la souplesse : Les cellules et les rayons.

Les vieilles structures du PCF sont obsolètes et clairement plus en capacité d’irriguer tout le territoire. Il faut acter dans la situation actuelle que les communistes ne seront plus présents dans tous les endroits et que nous devons prioriser des implantations locales qui correspondent à des lieux : Les cellules redeviennent l'outil évident de ce retour des communistes dans les quartiers et les entreprises.

La cellule redevient le lieu de souveraineté des communistes, la base de l'organisation, de la collecte de la cotisation et le premier maillon du pouvoir politique que nous voulons organiser dans chaque quartier identifié, chaque entreprise, etc.

Le rayon remplace la section, la fédération et le Comité régional. Il devient l'outil évident de la coordination des cellules dans un territoire et peut occuper un espace très différent en fonction des enjeux locaux. Il peut y avoir des rayons couvrant des villes, des cantons, des départements. Il est en lien avec le Conseil National, il coordonne le travail des communistes dans les cellules et met en place les campagnes décidées et s'assure que les objectifs sont atteints.

Le rayon est lieu de mutualisation, de soutien aux organisations de base, le lieu de décentralisation de la formation des communistes.

Le permanentât ne doit plus être la norme, les dirigeant.e.s politiques doivent rester dans les masses et dans la société. De plus, la direction d'une structure n'est pas compatible avec un mandat d'élu. L'élu.e est un.e porte-parole, un.e agitateur-agitatrice, le dirigeant dédie son action à la seule organisation du Parti et au travail de diffusion des idées dans les masses.

Il faudra aussi renforcer le MJCF et l’UEC. Ces organisations en reconstruction ont eu un effet positif dans la campagne présidentielle et surtout, elles permettent de recruter les futurs cadres de l'organisation communiste et de les former dans des organisations dédiées à leurs vies.

E- Le marxisme-léninisme

"Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire" (Lénine - Que Faire ? - 1902)

L'actualité regorge d'articles concernant des termes étranges. On entend parler des "wokes", de la "cancel culture", de "privilège blanc", de "l'indigénisme", des "décoloniaux", les "racialistes", etc. Derrière ce vocabulaire multiple, souvent péjoratif, se cache en réalité un courant politique & philosophique que l'on appelle le Post-modernisme.

Ce courant politique & philosophique forme l'appareil idéologique du capitalisme néolibéral. Depuis les années 2000, ce courant politique & philosophique se structure aussi à gauche, d'abord dans les milieux gauchistes, petit-bourgeois et universitaires. Il porte plusieurs noms, le plus connu est celui de "woke" (ou "éveillé"), mais son véritable nom est "intersectionnalité".

Cet antimarxisme est devenu aujourd'hui la matrice idéologique d'un nombre important d'organisations et groupuscules à gauche. On le retrouve à LFI, à EELV, chez les trotskystes, chez les anarchistes-libertaires et même chez certains communistes. Il doit être analysé comme un révisionnisme et combattu comme toutes les idéologies qui visent à maintenir le système d'exploitation capitaliste.

Pour lui faire face, il faut abandonner nos visées marxiennes héritées de la mutation et renouer avec le marxisme-léninisme.

Pour les communistes, il est important de raisonner en marxiste-léniniste, non pas pour se faire plaisir, mais bien pour répondre aux enjeux du 21ᵉ siècle, mais aussi coller aux réalités matérielles d’aujourd’hui. Nous devons nous interroger sur nos modes d'organisations afin de répondre, sans faux-semblants et débats théoriques stériles, à un besoin de parler, de s'organiser, à partir de ressenti individuel.

Le marxisme-léninisme est une science qui doit être appliquée en tenant compte des caractéristiques de l'époque et du pays.

Le marxisme-léninisme est une science hautement créative. Ce n'est pas une fin en soi. Il est en constante évolution.

F- Le socialisme-communisme

Le socialisme n'est ni une injonction, ni un mot du passé, ni un mot connoté. Le socialisme, phase immature du communisme, ne sera une réalité que si l'on acte la rupture avec le capitalisme et non son simple dépassement. Acter la transition vers le socialisme permet de donner du contenu révolutionnaire et une perspective politique pour la construction d'une société communiste.

Demander des nationalisations, des socialisations d'entreprises où des moyens de production sans le socialisme seraient une aberration. Faire croire qu'il existe du "communisme déjà là" est faux, c'est un dangereux mensonge colporté par les calomniateurs de la révolution socialiste comme Lucien Sève, Bernard Vasseur ou Bernard Friot.

Le socialisme est ce temps révolutionnaire où les structures de la société capitaliste et patriarcale sont détruits au profit d'un État (qui a vocation à disparaître) qui crée les conditions de la construction d'une société sans classe, débarrassée de l'exploitation, de l'oppression, de l'aliénation, et de l'impérialisme, le communisme.

Il faut donc replacer nos actions dans un temps politiques en trois étapes :

- L'action de revendication à portée immédiate : Contre une loi, contre la fermeture d'une entreprise, soutien à des manifestations…
- Le but politique ultime : La société que nous voulons, le communisme.
- L'action révolutionnaire pour parvenir au communisme, le socialisme.

Ainsi l'action socialisme-communisme prend tout son sens, permet de clarifier nos actions et les lient entre elles pour donner une cohérence idéologique à nos campagnes.

D'une bataille immédiate et/ou locale, nous amenons des propositions permettant à terme l'édification du communisme et pour ce faire, le socialisme donne un schéma d'action, une méthode, trace une route.

Pour conclure, le but ultime des communistes est de prendre le pouvoir et de construire une société nouvelle sans les outils d'exploitation et d'oppression du capitalisme : Le Socialisme, phase immature du communisme. Pour cela, il faut un logiciel idéologique fort : le marxisme-léninisme et un parti révolutionnaire et d'avant-garde.

"Notre Parti éduquera les masses, notre Parti éduquera ses militants. Je dis bien : Notre Parti ! Pas un autre parti, mais notre Parti et son Comité Central !" Fidel Castro (3 octobre 1965)

Les dégueulasses : LA CHRONIQUE DE JERÔME LEROY


Que l’extrême-droite et une partie de la droite ne viennent plus jamais se réclamer de la tradition, de l’amour de la France et de la décence face à une gauche qui serait déconstruite, peuplée d’inverti.e.s qui veulent se marier entre eux et ouvrir les frontières au Grand Remplacement ou alors de raffineurs cégétistes surpayés qui ne cherchent qu’à bloquer les « braves gens » pour gagner encore plus.

Cette droite extrême, radicalisée, elle n’en a plus le droit depuis un certain vendredi et le meurtre effroyable d’une adolescente, presque encore une petite fille. Qu’elle ne vienne plus faire la leçon sur l’amour du terroir, alors qu’elles préfèrent si visiblement penser en terme de race, ce en quoi elles sont passées en quelques décennies, pour parler en termes freudiens d’un surmoi gaulliste à un ça pétainiste incarné au premier chef par un Zemmour. 

Il a osé, à peine le corps martyrisé découvert dans une malle, dès qu’il a su que la coupable présumée était d'origine algérienne et en situation irrégulière, se servir de l’horreur pour faire son beurre. Il a d’ailleurs été bien relayé par Cnews, son ancienne chaîne, qui chaque jour un peu plus, s’enfonce dans la télé-poubelle, recyclant les pires saloperies racistes.

Zemmour c'est Créon 2.0. Créon était ce roi de l’Antiquité qui refusait qu’on enterre le corps du frère d’Antigone pour faire un exemple, qui se servait d'un cadavre pour faire peur. Zemmour est encore plus dégueulasse que l’original. 

Il a trouvé bien pratique qu’on n’enterre pas trop vite le corps d'une gamine suppliciée pour mieux servir ses démonstrations racistes et son agenda personnel, comme Retailleau ou Bardella sur un mode un peu plus mineur mais tout aussi charognard. 
Et que je te fais manif au nom de Lola avec la lie nationaliste et identitaire, et que je me sers du portrait de la gamine pour faire passer mes idées sur le grand remplacement, et que je prends en otage l’émotion de tout un peuple. 
Mais la droite parlementaire et le RN ne valent guère mieux. Opportunisme, démagogie, déclarations sur les chaînes d'info alors que les parents de la jeune fille, les parents eux-mêmes leur ont demandé, à plusieurs reprises, de se taire et d’arrêter la récupération abjecte. 

Ce qui va lui manquer à la droite, pour se sauver d’un déshonneur définitif dont elle paiera un jour ou l'autre le prix car tout se paie, c’est d’un Bernanos qui serait issu de ses rangs pour lui dire que non, tout ça, c’est contraire à toute éthique, comme il le fait à propos de la Guerre d’Espagne dans Les Grands Cimetières sous la Lune, quand il prend le parti des républicains espagnols contre les fascistes putschistes de Franco.

Mais quand bien même il existerait, on ne l’inviterait pas dans les médias réacs, et tous les médias sont réacs dès qu’il s'agit de faits divers.

On ne sait plus trop ce qu’est l'esprit d'enfance de Bernanos, dans cette porcherie idéologique. 

En revanche, on voit bien ce que ça donne de l’avoir étouffé. Bernanos le dit, qui ne se trompe jamais : 
« Alors dépouillés par la mort de tous ces membres artificiels que la société fournit aux gens de leur espèce, ils se retrouveront tels qu’ils sont, qu’ils étaient à leur insu — d’affreux monstres non développés, des moignons d’hommes. »
JERÔME LEROY

LIBERTE HEBDO N°1556.Edito de Philippe



LA Veme REPUBLIQUE A BOUT DE SOUFFLE

La séquence parlementaire de ces derniers jours montre, une nouvelle fois et s’il le fallait, que la Vème République est littéralement à bout de souffle. 
D’un côté, le gouvernement s’empare de l’article 49.3 pour faire passer en force son projet libéral et d’inégalités sociales en dépit du débat démocratique, et, de l’autre, deux motions de censure sont déposées, toutes deux rejetées. 
L’expression pluraliste n’a pas lieu. André Chassaigne, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale parle même de «violence institutionnelle».

Aujourd’hui, nous le voyons bien, force est de constater que la rupture est consommée, la
défiance installée. Le fossé se creuse de plus en plus entre les Français et leurs institutions. Avec, pour conséquence, de les jeter dans les bras de l’abstention ou ceux de l’extrême droite.

Nous vivons ce pour quoi la Vème République avait été conçue à l’origine, à savoir la volonté du monarque présidentiel qui s’impose au-delà de toutes autres considérations, que ce soit dans les urnes ou dans la rue. Aujourd’hui, c’est : circulez, y'a rien à voir ! Or, notre démocratie ne pourra pleinement respirer si elle est toujours corsetée.

Il est donc grand temps de passer un véritable cap institutionnel et de vivifier notre république. Et, face à ce constat largement partagé, le passage à une VIème République semble plus que jamais indispensable. 

Une nouvelle république évidemment garante des institutions, soucieuse d’une démocratie directe, qui rompt avec la monarchie présidentielle, qui donne du poids au Parlement formé des élus du peuple, et qui se retrouve enfin en phase avec la volonté des Françaises et des Français de pouvoir participer pleinement à la vie démocratique de notre nation. Beau projet à porter, et absolue nécessité pour notre avenir démocratique et républicain.

Mobilisations le 10 novembre prochains pour les salaires et les pensions

 

Inflation : l'indice des prix ne reflète pas le vrai coût de la vie


Quand l’Insee publie son indice des prix à la consommation (IPC) pour mesurer l’inflation, beaucoup d’éléments n’apparaissent pas ou sont insuffisamment pris en compte : le logement, le tabac, les doubles charges des familles monoparentales, les crédits, les assurances, etc. La CGT veut construire un indice du coût de la vie qui reflète la réalité des charges financières des ménages, selon leur richesse.





Les chiffres sur le pouvoir d’achat ne font qu’estimer les changements de prix, sans tenir compte des modes de consommation, variables selon la richesse des ménages.

En septembre dernier, l’indice des prix à la consommation (IPC) qui mesure l’inflation s’est certes replié de 0,6 % par rapport au mois d’août, mais sur un an, il a augmenté de 5,6 % !

Cet indice qui estime la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages français est calculé tous les mois par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Publié au Journal officiel, il fait loi.
Le problème, et l’Insee le reconnaît, c’est que cet indice des prix n’est pas du tout un indicateur du coût de la vie.
« Il ne reflète pas les charges supportées par les ménages pour se loger - avec une part croissante de personnes vivant seules -, payer les assurances, bref, toutes les dépenses contraintes ou pré-engagées. Or, ces dépenses pèsent différemment sur le budget des ménages : beaucoup plus pour les revenus les plus faibles que pour ceux des plus aisés, et ça, l’IPC ne le mesure pas ! », insiste Mathieu Coq, responsable du pôle économique à la CGT.
« Même le tabac est sorti du panel de produits pris en compte par l’Insee, alors que le prix des cigarettes explose et que statistiquement, ce sont les plus pauvres qui fument le plus », ajoute-t-il.

Selon une note de 2021 de France Stratégie, organisme rattaché à Matignon, 41% des dépenses des ménages les plus modestes partent dans le loyer, les abonnements à internet, aux transports, la cantine scolaire, etc.
Contre 28% pour les ménages plus aisés.

Pas tous égaux devant l’inflation

L’inflation n’a pas le même impact pour tout le monde : lorsqu’elle augmente, la perte du pouvoir d’achat est plus importante en bas de l’échelle des salaires.
La CGT estime qu’il faut ajouter au minimum un point d’indice pour se rapprocher du vrai coût de la vie. Mais plutôt que ce correctif, le pôle économique de la Confédération réfléchit à la création d’un indice du coût de le vie, avec des indicateurs différents selon les catégories sociales. Des discussions sont engagées avec l’Institut de recherches économiques et sociales pour construire cet indice du coût de la vie, plus proche de la réalité vécue par les ménages
Car avoir un revenu qui évolue au rythme de l’indice des prix à la consommation ne garantit pas que l’on puisse maintenir son niveau de vie.
Tout dépend de savoir quels prix augmentent ou non (la baisse du prix des hôtels cinq étoiles n’a aucun intérêt pour le monde du travail, contrairement à l’évolution des prix des biens essentiels).

L’enjeu est avant tout d’avoir un revenu décent, ce qui implique immédiatement un SMIC à 2000 euros.

Retour à l’échelle mobile des salaires

En attendant, l’organisation syndicale défend l’indexation des salaires sur l’inflation, avec le retour à l’échelle mobile des salaires, dès maintenant.

L’échelle mobile ? C’est un mécanisme de hausse automatique des grilles de salaires et des pensions de retraite sur l’inflation.

Avec répercussion immédiate dans l’ensemble des branches. Supprimée en 1983 par le gouvernement socialiste de Pierre Mauroy, la désindexation des salaires sur les prix est malheureusement entérinée.
Résultat, depuis 40 ans, le pouvoir d’achat des salaires n’a progressé que très faiblement.